Théâtre : « Les Insomnies », au Théâtre Dunois, à Paris

Qui trop embrasse mal étreint, par Difouaine
Voilà un projet original puisqu’il s’agit d’accompagner des textes de René Char au moyen de compositions graphiques exécutées en direct, de piano et d’acrobaties. Quatre artistes soignent leurs insomnies chacun à leur manière. Entre autres, l’acrobate s’envole dans les airs, grâce au drap et aux lattes de son lit auxquels il est attaché. Des découpages flottants ont des airs lunaires qu’envierait un Pierrot. Les morceaux de piano classique sont nombreux, divers et interprétés avec sensibilité. Le comédien s’incarne dans la langue de René Char. J’ai particulièrement apprécié son « pas de deux » armé. C’est très beau, poétique, spectaculaire. C’est un spectacle complet et ambitieux aussi. 
Trop sans doute. J’ai été frustrée de ne pas saisir tout ce que j’entendais. Cette poésie n’est pas simple et a capté toute mon attention. Difficile dans ces conditions de goûter pleinement les trois autres arts qui lui faisaient du coup concurrence. Et pourtant, charmés, mon esprit et mes sens auraient voulu se donner tout entiers à eux. J’avoue, j’ai décroché. René Char est passé à la trappe. Je ne vois pas trop ce qu’un enfant pourra comprendre à ses textes mais la beauté de ce spectacle pluridisciplinaire lui suffira sans doute. Et ce n’est pas rien.

Difouaine
« Les insomnies, la nuit qui m’avait tant servi »  d’après des textes de René Char. Conception et acrobaties : Sébastien Dault. Images : Katerini Antonakaki. Piano : Ilias Sauloup. Jeu : Olivier Sellier. Théâtre Dunois, 7, rue Weiss, 75013 Paris. Métro : Chevaleret ou Bibliothèque François Mitterand. www.theatredunois.org, tél. : 01.45.84.72.00. Jusqu’au 29 mars 2015, horaires variables (scolaires et non scolaires).
Photo : Compagnie de la main d’œuvres

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