Exposition, peinture : « Paul Durand-Ruel, le pari de l’Impressionnisme » au musée du Luxembourg à Paris.

« Sans Durand, nous serions morts de faim, nous, tous les impressionnistes. Nous lui devons tout. Il s’est entêté, il s’est acharné, il a risqué vingt fois la faillite pour nous soutenir », c’est ainsi que s’exprime Monet.

Paul Durand-Ruel fut avant tout un ami, un confident, un soutien pour chacun des impressionnistes. Il apporta à Monet, Pissarro, Sisley, Degas, Renoir, une sécurité matérielle en leur reversant le produit des ventes, mais aussi un appui moral, ce qui les conforta dans la suite de leur travail. On le mesure pleinement en découvrant la quantité d’œuvres qu’il leur a vendues et en lisant la correspondance échangée par Paul avec les peintres. Il sut les encourager et les conseiller sans relâche.

En tant que galeriste, il mit au point une méthode très moderne. Il achetait à chaque peintre la quasi-totalité de ses œuvres et organisait dans sa galerie des expositions individuelles pour les faire connaître. Il n’était pas rare qu’il suspende des tableaux dans son appartement. Ainsi, l’acheteur potentiel pouvait voir les toiles en situation dans un salon, une entrée, etc. Une façon originale de convaincre le client.

Son propre père était papetier rue Saint-Jacques. Il vendait des fournitures aux artistes et se faisait payer souvent en nature. Paul avait dans sa chambre une quantité impressionnante de tableaux que son père avait ainsi recueillis. Paul avait grandi parmi ces œuvres. Comme il allait souvent aider son père rue Saint-Jacques, il rencontrait les artistes. Un milieu qui lui était devenu familier tout au long de son enfance.

Paul fut impressionné par les travaux de Delacroix figurant à l’Exposition universelle de 1855. Paul rêvait d’une carrière militaire. Il prépara l’école de Saint-Cyr. Pour des raisons de santé, il renonça à cette carrière et se consacra alors à la vente de peintures. Il exposa au 1, rue de la Paix, puis, à la mort de son père, s’installa rue Pelletier et rue Lafitte. Il se passionna pour l’école de Barbizon, Corot, Courbet, Millet, avant de découvrir à Londres Monet et Pissarro. À partir de ce moment, il consacra sa vie à faire connaître ceux que l’on allait nommer les impressionnistes, mais qui à ce moment faisaient scandale !

Paul resta dans la capitale anglaise pendant toute la guerre de 70 avec sa famille. Sa femme mourut à son retour à Paris. Dès lors, il dut s’occuper de ses cinq enfants tout en vendant avec passion ces nouveaux talents impressionnistes. Il était animé par une foi profonde et il était convaincu qu’il fallait défendre ce que l’on aime sans peur. Une philosophie de vie qui l’aida à affronter les hauts et les bas de son parcours.

Au milieu des années 1870, il connut de sérieuses difficultés financières. Mais il eut une idée de génie : partir exposer à New York. Là les toiles des impressionnistes connurent un vif succès. Les Américains en raffolèrent. L’Europe suivit. Elle s’enthousiasma à son tour pour les impressionnistes. Paul ouvrit une succursale à New York, et vendit aussi à Berlin, Madrid et Philadelphie.

L’exposition du Palais du Luxembourg permet de découvrir un grand nombre de toiles de collections privées, notamment en provenance des États-Unis. Admirons Les deux filles de Durand-Ruel peint par Renoir, La Liseuse de Monet, stupéfiante de légèreté, Sur la terrasse de Renoir. Une occasion à ne pas laisser passer.

Le succès des impressionnistes n’aurait peut-être pas été aussi conséquent, sans Paul Durand-Ruel que Renoir surnommait « le missionnaire ».

Dominique Del BOCA

« Paul Durand-Ruel, le pari de l'Impressionnisme », jusqu'au 8 février au Musée du Luxembourg, 19, rue de Vaugirard, 75006 Paris, tél. : 01 40 13 62 00. http://museeduluxembourg.fr/.

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