Au-delà des souffrances.
« Les enfants du diable » est une pièce riche. Certes, l’on comprend rapidement l’évolution des rapports entre ce frère – resté sur place pour résister – et sa sœur cadette – qui a accepté de fuir malgré l’interdit maternel. Mais les étapes du rapprochement sont parfois inattendues, sans aucun doute parce que la pièce s’appuie sur des faits concrets situés dans les orphelinats roumains sous le régime nataliste de Ceaușescu. Par ailleurs, les personnages sont bien incarnés, on croit aux nombreux sentiments qui les traversent. Le rythme du spectacle est bon, qui nous saisit au commencement et ne nous lâche pas. La mise en scène et la scénographie, sobres et néanmoins significatives, concourent efficacement au rapprochement entre ces désormais adultes qui se revoient après vingt ans de séparation. Il y a là une belle description du lien adelphique, qui mérite le détour.
Pierre FRANÇOIS
« Les enfants du diable », de Clémence Baron. Avec Clémence Baron et Antoine Cafaro. Mise en scène : Patrick Zard’. En tournée en France et en Suisse.
Photo : Sébastien Scamaroni.


