Spiritualité : Route pèlerine pour la paix, premier segment : mont Saint-Michel – Villeurbanne (25).

Entre Cluny et Mâcon.

Je continue jusqu’à ce qui se révèle être un bâtiment moderne, construit par un disciple de Le Corbusier, Jean-Louis Sert, entre 1969 et 1971.
Mais impossible de faire tamponner mon carnet de miquelot, car je suis arrivé en dehors des heures d’accueil. L’église, quant à elle, est ouverte. Elle est spacieuse, bénéficie d’une belle lumière tamisée et respire, effectivement, la paix. Le temps d’une prière, de croiser une famille, de passer dans les toilettes en dur, et me voilà reparti vers Mâcon, de nouveau via Cluny.

Voisinage étonnant.

La piste cyclable est toujours aussi confortable et c’est au même endroit qu’il y a des années que je rate l’embranchement vers le tunnel du Bois clair, mais, cette fois-ci, je mets en cause l’orientation ambiguë du panneau de signalisation. Il faut le mériter, ce tunnel, et longer à contresens sur ce qui aurait dû être une bande d’arrêt d’urgence, une autoroute, heureusement dans un couloir protégé et sur peu de distance. Une fois entré dans ce qui est le plus long tunnel d’Europe ouvert aux vélos – 1601 mètres –, on est dans un autre monde, dans une pénombre humide et fraîche où la température est de dix degrés inférieure à celle de l’extérieur.

Le tunnel du Bois Clair.

Par cette chaleur, cela se savoure et, lorsque pointe la lueur de son extrémité, il est encore temps de ralentir pour emmagasiner le maximum de froid avant de retrouver la canicule. Heureusement, la piste est bordée d’arbres, ce qui atténue le phénomène. L’arrivée à Mâcon est, une fois de plus, une course avec le soleil. À proximité du pont qui indique la direction de Lyon, les panneaux indicateurs font tourner en rond. Le GPS est une fois de plus en rade. Il faut se résigner à dormir en ville, donc pour un prix élevé. Tout en guettant les panneaux indicateurs pour trouver un hôtel, je me renseigne auprès de passants. Deux hommes me disent qu’il y en a un « pas loin, tout droit », sauf que, soit la fatigue, soit l’imprécision de l’indication, je ne trouve rien. Cinq minutes après, je demande à une jeune fille voilée le chemin d’un hôtel économique et elle m’indique sans doute le même Ibis, puisqu’il faut revenir sur mes pas. Une fois à la réception, je réalise que la notion d’économie n’est pas la même pour tout le monde : le forfait nuit, petit déjeuner et parking pour le vélo est à 116 €. De toute façon, la nuit tombe. J’aurai des draps et viens de couvrir cinquante kilomètres et de faire passer le cap des mille à mon compteur, entre le carmel et Cluny. De plus, cela me permettra de me présenter presque propre et en forme à Laurence, qui vient me rejoindre à Villeurbanne, chez son fils, le lendemain.
Pierre FRANÇOIS