25/05/25
Très bonne nuit à « L’Écluserie », avec vue sur l’écluse de la Benâtre, mais je me réveille un peu dans le flou. Peut-être mon changement brutal de régime alimentaire pour passer au cétogène, en commençant mon périple ? Je me prépare donc lentement, mange deux jaunes d’œufs séchés, téléphone à Laurence. C’est finalement à 10 h 30, au lieu des 9 heures prévues, que j’arrive pour le petit déjeuner : deux croissants, un chocolat, une omelette, un café, et remplir les deux gourdes (un litre en tout) de jus de pomme (14 €).
À 11 h 15, il est temps de partir d’Origné. La communauté de Marc est à 44 km, dont la moitié seulement est en plat, le long de la Mayenne. C’est fichu pour la messe, je lirai donc la « Messe sur le monde »* de Teilhard de Chardin.
Arrêt vers midi à Château-Gontier, une belle endormie déserte aux façades anciennes à colombage. L’église romane Saint-Jean-Baptiste, du 11ᵉ siècle, est ouverte, et fraîche. À côté, un jardin public, avec quelques animaux, m’accueille pour le temps d’un casse-croûte à l’ombre.
Le GPS me mène jusqu’à Nyoiseau par un chemin cyclable presque plat, à la différence du chemin de halage entre Laval et Château-Gontier, mais tout aussi ombragé. Là, des habitants m’indiquent comment arriver à Notre-Dame d’Orveau et s’étonnent que ce bourg ne soit pas sur ma carte. Sur place à 17 h 10, je suis le panneau « communauté » et erre entre plusieurs bâtiments déserts. L’un d’entre eux semble plus habitable, mais son rez-de-chaussée accueille une forêt d’étais. Poursuivant l’exploration, j’arrive à une chapelle (l’ex-voto de la branche états-unienne pour fêter le retour de la congrégation en France après les expulsions du début du 20ᵉ siècle, et bien des paroisses seraient heureuses d’avoir une église de cette taille) vers laquelle convergent des personnes plutôt endimanchées. Aux abords discutent, dans leur uniforme, les membres d’une chorale. Je retrouve Marc, dont l’accueil est chaleureux malgré ses occupations en cours. À 17 h 30, le concert commence par des extraits de la Messe du couronnement de Mozart. Une école de musique s’est associée à la chorale pour offrir un panorama de plusieurs genres musicaux et la Congrégation de Sainte-Croix a mis sa chapelle à disposition.
Le soir, à 20 heures, dîner à la communauté avec les religieux, les postulants (on a libéré la chambre d’un de ceux-ci pour m’accueillir) et quelques élèves ayant participé au concert. Nous sommes une trentaine. Il est clair que nous ne voyageons pas dans le même wagon au sein du train de l’Église (eux en soutane, moi électron libre inséré dans le milieu des divorcés), mais il y a des soufflets qui permettent de se rendre visite fraternellement d’une voiture à l’autre et il existe une passion commune : vouloir suivre Jésus-Christ. Chacun par ses moyens, avec sa culture et en étant à sa place. Après le repas, visite de ce collège et lycée avec Marc, qui me montre notamment la classe de permaculture à l’équipement inhabituel : serre, bottes dans les casiers en lieu et place du cartable, tableau blanc au coin d’une salle dans laquelle on semble peu s’asseoir.
Pierre FRANÇOIS
*https://paroissebordeauxmaritime.fr/la-messe-sur-le-monde-teilhard-de-chardin.html




