J’arrive à la basilique Notre-Dame d’Avénières (dont les origines remontent au 10ᵉ siècle, consacrée à la Vierge au 11ᵉ siècle et dont les travaux s’échelonnent jusqu’au 18ᵉ siècle) où l’on m’indique qu’il y a, juste derrière, une auberge qui accueille les cyclistes. En m’installant pour recharger les batteries, je vois que la cible de l’établissement est plutôt aisée, pas les pèlerins crasseux qui n’ont pas pu se laver depuis la veille. Les batteries mettent un temps fou à charger. Je fais durer mon Perrier citron et la terrine (par ailleurs excellente). En désespoir de cause, je finis par demander s’il y a une chambre de libre, mais ce n’est de toute façon pas le cas. Les batteries sont à moins de 50 % une heure après, mais il faut partir. Il y a un camping proche, mais ce n’est pas le genre d’endroit où l’on peut laisser des téléphones et batteries se charger sans surveillance pendant la nuit. Un autre se trouve à Ménil, mais le problème est le même et il ne répond pas au téléphone. Il y a l’abbaye de Port-Salut, qui ne répond pas non plus et on ignore si elle comporte encore une hôtellerie, les moines étant âgés. La communauté de Marc est encore loin, peut-on y arriver avant la nuit ?
Je prends le chemin de halage vers Château-Gontier à 19 h 30 en faisant la course avec le soleil. Le ciel est nuageux et je dois garder les lunettes de soleil pour éviter les moustiques, autant de facteurs qui diminuent la clarté au moment où le jour baisse… Comme pour confirmer ce manque de visibilité, deux fois, mon vélo saute sur des racines traversant la piste, que je n’avais pas vues. Arrivé à 18 kilomètres de Château-Gontier, j’aperçois une maison d’écluse qui fait restaurant. Le tenancier prend le frais sur son perron. Tout en roulant, je lui demande s’il a des chambres. « Pas tout à fait », répond-il. Je stoppe. Il a deux cabanes dans lesquelles on peut poser le vélo, mettre le sac de couchage sur un matelas et charger les téléphones sur une prise. Que demander de plus, même si douche et toilettes sont à l’extérieur ?
Pierre FRANÇOIS




