Dans l’agglomération, je me perds et dois rationner les moments de GPS. C’est en l’allumant seulement quand il y a un doute que je parviens à traverser la ville et à arriver aux Ponts-de-Cé. Là, je rate un embranchement et me retrouve à l’intérieur des terres, sans repère. Je suis perdu. Je finis par m’arrêter pour recharger le téléphone avec la batterie de secours à proximité de deux hommes qui discutent. L’un a été à Compostelle à vélo – et, plus rare, est revenu de même, chemin français à l’aller, du nord au retour – et me dit de piquer vers la levée qui longe la Loire, car c’est le chemin le plus direct. Je suis son conseil. Mais il y a beaucoup de voitures et la fatigue est là. Arrivé à La Ménitré, je descends vers le port et demande à des promeneurs s’il y a un camping. Il est à côté, me dit ce couple, et est fermé, mais personne, m’assurent-ils, ne m’embêtera si j’y plante ma tente. Eux y ont garé leur camping-car. Il y a des sanitaires, qui permettent de faire une toilette de chat à défaut de douche.
En prime, le robinet du lavabo se déclenche au-dessus du chandail que j’y ai posé et que je comptais mettre pour la nuit. Plus loin, il est possible de se brancher sur une prise électrique. Je ne suis pas seul à vouloir suivre « l’épée de saint Michel » : le couple de Corses a croisé une Anglaise qui se dirigeait vers Venise.
27/05/25
Pour une fois, j’arrive à démarrer plus tôt que d’habitude, à 8 h 45. Au centre du village, un bar est ouvert. Le téléphone – à 38 % – est à charger pendant que je me restaure d’un chocolat, de café et d’une omelette au jambon. Sur la place trône une très belle église, claire et fraîche, majestueuse et sobre à la fois. Lorsque le téléphone arrive à 86 %, à 12 h 45, c’est le départ. Au moment où je m’arrête pour déjeuner sur une aire de pique-nique, je m’aperçois que j’ai perdu un chandail, donné par Laurence, mal arrimé par-dessus la cape de pluie. Elle prend la nouvelle mieux que moi. La piste cyclable, en contrebas de la route, est herbeuse entre deux rangées de gravillons et de nids de poule. En s’approchant de Saumur, elle devient de plus en plus carrossable. L’arrivée à Saumur a lieu à 14 h 55. Alors que je passe brusquement, en montée, sur le grand plateau tandis qu’à l’arrière, la chaîne est sur le petit pignon, la roue arrière se met de nouveau en travers.
Pierre FRANÇOIS




