Spiritualité : Vertu et piété, dissimulation et révélation (37).

Chacun utilise le confinement comme il peut. L’auteur de ces lignes, qui avait raté un cours sur le Livre d’Esther, le rattrape en en faisant un compte rendu, très personnel d’abord, puis (largement) inspiré par le site protestant « Théovie » et la revue catholique « Cahiers évangile » (ainsi que son « supplément »)*. Cet article n’étant qu’un (bref) résumé, il est conseillé à ceux qui s’intéressent au sujet de se reporter à ces sources.

Parallèlement aux démarches symboliques et de datation, les exégètes du Moyen Âge interrogent la lettre du texte. C’est ainsi que l’on trouve des précisions sur la correspondance du mois de nissan avec mars ou avril, sur le fait que le texte hébraïque précise « phur, c’est-à-dir goral » (ce dernier mot étant le mot hébreu pour désigner le sort alors que le premier – qui a donné son nom à la fête de Pourim – est perse), sur la raison pour laquelle Mardochée ne s’agenouille pas (et débat sur le point de savoir si c’est un péché au regard de la doctrine de soumission aux gouvernants)…

Un autre type d’interprétation fut la spirituelle. Ici, c’est chaque personnage de l’histoire d’Esther qui en symbolise un autre. Ainsi l’un voit en Assuérus le Christ du fait que « son nom… veut dire porte » et de « la sublimité de sa puissance » tandis que Vasti qui s’isole pour festoyer avec les femmes « est la foule orgueilleuse des Juifs, qui régnait tant qu’elle dominait les autres nations par le culte de Dieu. ». Esther se traduisant par cachée et Adassa (son nom juif) par miséricorde, elle est « l’Église des nations ». Ses sept servantes sont « les âmes fidèles, régénérées par la grâce de l’Esprit saint. ». « Mardochée a été élevé… parce que les élus sont élevés », « Haman et sa famille ont été punis parce que tous les méchants sont réprouvés », « la joie et l’exultation des Juifs signifient la joie éternelle des bienheureux. ». On le voit, l’allégorie est complète.

Pour un autre « Esther fut emmené à la couche du roi (2, 16) représente l’Ascension du Christ qui emmène avec lui l’Église dans le monde céleste », « Haman, dont le nom veut dire iniquité peut être compris comme l’exécrable Néron », « Mardochée » est « le bon prélat », etc. il existe même une interprétation, bien que minoritaire, anti juive dans laquelle Haman et Vasti sont des figures des Juifs qui ont refusé le Christ.

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