Théâtre : festival de la « Semaine extra » à Thionville.

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C'était déjà la seconde édition de la « Semaine extra » à Thionville fin mars. Dans ce festival théâtral pour adolescents l'idée est non pas de viser les spectateurs de demain, mais ceux d'aujourd'hui. Cela éclaire le fait que plusieurs pièces se soient jouées dans des gymnases de lycées ou aient eu l'exploration « des incertitudes joyeuses et chaotiques de l'intime » à l'âge de tous les possibles pour sujet. C'était le cas de « À la renverse », une belle histoire – réelle ou rêvée, on ne sait – d'un amour qui se cache derrière une forte amitié mais qui met des années à s'avouer. Mais aussi ce cette création hybride entre musique et monologue qui décrit la vanité narcissique d'un adolescent qui dit vouloir n'habiter plus que « dans ma chambre » pour n'avoir aucun masque social à afficher. Ou de ce « Werther » bilingue, version burlesque et provocatrice. On n'a parlé là que des spectacles « classiques », destinés à transmettre l'expérience du jeu contemplé, mais d'autres sont collaboratifs, tel « Les Iroquois » monté par une troupe professionnelle à partir d'un concours d'écriture entre élèves français et allemands (car l'avenir de cette région périphérique est plus dans l'Europe que dans la centralisation jacobine). Plus participatifs encore, on trouve un concours vidéo, la finale d'un match d'improvisation et un concert issu de travaux d'ateliers durant l'année.
Si l'initiative semble encore perfectible, elle a l'immense avantage de prendre les jeunes là où ils sont et comme ils sont pour leur offrir des spectacles qui leur parlent. C'est déjà énorme, vivement la prochaine édition !
Pierre FRANÇOIS

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