Spiritualité : Route pèlerine pour la paix, premier segment : mont Saint-Michel – Villeurbanne (12).

Parfois de la route, parfois cela…

« Ce sera pour les pertes et profits », me dit-elle. L’accueil du pèlerin est aussi modeste que le reste des lieux. On est dans une ambiance paisible, familiale, tranquille, humble aussi. J’assiste à la projection d’un film, longue interview d’une des voyantes. En tant que journaliste, je suis impressionné par le naturel, face à la caméra, de cette femme qui dit les choses le plus simplement du monde. On sent, à travers son attitude, qu’elle a conscience d’avoir vécu un moment particulier, mais qu’elle n’en tire aucune gloriole, qu’au contraire elle cherche à scrupuleusement rapporter les faits. Comment la petite fille a-t-elle fait pour devenir une femme sans prétention et ayant gardé une âme d’enfant ? Mystère.

Le prieuré de Bois-Aubry.

29/05/25
Le départ a lieu vers 12 heures, après la messe de l’Ascension. L’assemblée est pieuse et familiale. Les chants sont beaux et entraînants. À 14 h 45, il faut partir de l’abbaye royale Saint-Michel de Bois-Aubry (sur la commune de Luzé) sans avoir pu rencontrer le dernier moine orthodoxe, qui habite dans un petit prieuré en face de ce qui reste de l’abbaye. Je laisse la boîte de conserve vide de mon déjeuner (du foie de morue) à sa porte, en espérant qu’il comprendra que c’est une salutation, une forme de prière que j’aurais souhaité faire en commun, et non faute de poubelle à proximité.
La dimension priante est enfin au point, après quelques jours de flottement.
Au début s’est posée la question de la forme de la prière, s’agissant d’un pèlerinage.
Il n’y a pas grand-chose concernant saint Michel, sauf la célèbre prière qui lui est dédiée depuis des siècles*. Et puis, il ne s’agit pas de déifier un ange. D’ailleurs, celui-ci interdit à saint Jean de se prosterner devant lui **. Par ailleurs, offrir l’effort fait comporte le risque du marchandage ou de croire que nos mérites ont un rôle dans les bienfaits que nous recevons de Dieu.
Faire l’offrande du temps passé est déjà plus juste dans la mesure où l’on s’écarte ainsi du sensible et où le temps ne nous appartient pas. En ce sens, vouloir aller vite est sans doute une erreur, mais que j’assume, mon budget n’étant pas illimité. Payer un camping tous les cent kilomètres revient moins cher qu’au bout de cinquante seulement. Mais je ne m’étais pas entraîné avant de partir et, pour Compostelle, les étapes de cent kilomètres ne s’étaient présentées qu’au bout de plus de dix jours de pédalage, sans compter que j’étais plus jeune ! Il s’agit donc d’organiser ce temps, afin de ne pas oublier pourquoi je roule : afin que Dieu donne à tous nos responsables sociaux un cœur en paix pour qu’à leur tour ils prennent des décisions pacifiantes.
Pierre FRANÇOIS

*« Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat ; soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon. Que Dieu lui fasse sentir son empire, nous vous en supplions. Et vous, prince de la milice céleste, repoussez en enfer, par la force divine, Satan et les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde en vue de perdre les âmes. Amen. »
** Apocalypse, chap. 19, verset 10.