Musique : Nicolas Joseph à l’Essaïon, à Paris.

Titi parisien, par Clara.
Nicolas Joseph promène ses chansons depuis près de quinze ans et habite provisoirement à l'Essaion théâtre. Il présente ses nouveaux textes. Auteur et compositeur, il est de ces artistes qui ne laissent pas indifférents.
Sa voix chaude et sa gouaille de titi parisien racontent simplement comment va le monde : mal. Il s'amuse tout en distillant les chroniques de la vie. Il égraine sa révolte et son engagement, sans chercher a vraiment plaire.
D'habitude accompagné d'un musicien, il se produit sobrement, seul, en acoustique. Avec son accordéon, compagnon de toujours auquel s'ajoutent guitare, quadro et charango qu'il malmène avec brio pour enchaîner ses mélodies mélancoliques et souvent désespérées. Il faut dire que le lieu, en sous-sol, se prête fabuleusement à une poésie intimiste.
Cependant, son entrée en scène maladroite manque de simplicité. Alors qu'il bidouille un poste de radio, seuls les habitués reconnaîtront ses poètes de référence (Antonin Artaud, Boris Vian, Robert Desnos et bien sûr Léo Ferré), l'instant ne présente aucun intérêt. Un livre jeté contre le mur après avoir révélé sa substantifique moelle puis totalement délaissé n'apporte rien non plus au spectacle.
Nicolas Joseph s'attaque a des thèmes d’actualités politiques et sociales, dans « La Cloche » il raconte le quotidien laborieux d'un SDF.
Il n'oublie pas de faire une part belle à l'échange et au partage. Chaque soir, il donne la parole a un artiste différent pour qu'une autre parole s'exprime. Ce soir, Sabine Drabowitch nous a ouvert son univers tendre, aérien, le temps de deux chansons qui mêlent originalité et finesse. Une voix douce accompagnée de la soie de sa guitare, qui souligne le raffinement de sa plume. (son nouvel album « phréatique » est disponible).
Puis Nicolas Joseph termine son tour de chant par une reprise de Léo Ferré en modernisant la mélodie.
Malgré les quelques maladresses relevées, qui ne font pas de ce spectacle un moment inoubliable, la sincérité du personnage et son regard désabusé sur le monde provoquent une émotion intense.
Clara
Nicolas Joseph,  lundi et mardi à 21  h 30 jusqu'au 13 mars à l'Essaïon, 6, rue Pierre au lard (à l'angle du 24 rue du Renard), 75004 Paris, métro  Hôtel-de-Ville, Rambuteau, Châtelet, tél. 01 42 78 46 42, http://www.essaion-theatre.com/spectacle/741_nicolas-joseph-en-concert.html, nicolasjoseph.org

Photo : D. R.

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