Exposition : « Impression, soleil levant, l’histoire vraie du chef-d’oeuvre de Claude Monet » au Musée Marmottant Monet de Paris

« Impression, soleil levant, l’histoire vraie du chefd’œuvre de Claude Monet » raconte l’histoire de la toile qui a donné son nom à l’impressionnisme.

Dans le cadre du 80e anniversaire de l’ouverture du musée Marmottan au public et à l’occasion du 140e anniversaire de la première exposition d’Impression, soleil levant, le musée Marmottan Monet a décidé d’ouvrir l’enquête sur l’œuvre fondatrice de l’impressionnisme.

Autour d’Impression, soleil levant, l’exposition présente une sélection rigoureuse de vingt-cinq œuvres de Claude Monet, cinquante-cinq œuvres d’Eugène Delacroix, Gustave Courbet, Eugène Boudin, Johan Barthold Jongking, William Turner, Berthe Morisot, Alfred Stevens, Auguste Renoir, Camille Pissarro, Alfred Sisley, des photographies anciennes par Gustave Le Gray, Émile Letellier, ainsi qu’une vingtaine des documents d’époque dont beaucoup sont inédits.

En avril 1874, Monet envoie une toile pour une exposition qui devait se tenir dans l’atelier du photographe Nadar. On lui demande sous quel titre on devait l’inscrire au catalogue. Monet répond que pour cette « chose faite au Havre de sa fenêtre dans la buée et au premier plan quelques mats », on devait écrire : Impression.

Pendant longtemps, on appela ce tableau présenté Impression au soleil couchant. Il ne prit le titre d’Impression au soleil levant qu’en 1965.

Les critiques se déchaînent contre cette œuvre. Dans Le Charivari du 25 avril 1874, Louis Leroy, reprenant le titre de la toile de Monet, intitule son article « Exposition des impressionnistes ». Sa longue diatribe éreinte plusieurs des œuvres exposées et tout particulièrement Impression, soleil levant. « Que représente cette toile ? Impression ! Impression, j’en étais sûr. Je me disais aussi puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l’impression là-dedans. […] Un papier peint est plus travaillé que cette marine ». Mais à partir de ce moment les artistes réunis à cette occasion, dont certains se revendiquaient comme « Indépendants » furent baptisés, malgré eux, « Impressionnistes ».

En mai 1874, le collectionneur Ernest Hoschedé acquiert pour 800 francs Impression au soleil couchant de Monet. Le tableau est revendu, quatre ans plus tard, 210 francs dans l’indifférence générale au docteur Georges de Bellio qui le lègue à sa fille Victorine. Celle-ci, n’ayant pas d’enfants, décide avec son mari, Eugène Donop de Monchy, de faire une donation au Musée Marmottan. C’est ainsi que le tableau Impression au soleil couchant, pour échapper aux Allemands en 1940, est envoyé à Chambord avec la collection de Marmottan. Entre 1940 et 1959, l’œuvre apparaît encore dans les inventaires de l’institution – comme dans de nombreux ouvrages – sous le titre Impression ou Impression, soleil couchant.

Jusqu’aux années 1950, quand les propriétaires successifs du tableau sont sollicités pour un prêt à une exposition, ce n’est généralement pas cette toile de Monet qu’on leur réclame. On leur demande « Les Tuileries », « Le Train dans la neige » et surtout « La Gare Saint-Lazare » qui constituaient les véritables fleurons de la collection de Victorine… En 1955, c’est la parution de l’histoire de l’impressionnisme de John Rewald qui rappelle que cette toile, trop souvent négligée, est considérée comme un tableau charnière de la modernité.

À l’occasion de l’exposition, on a enquêté sur cette toile. Tout d’abord, on sait désormais que la toile a été peinte au soleil levant et non au soleil couchant. Monet l’a peinte de la fenêtre du second étage de l’Hôtel de l’Amirauté au Havre. Monet a exécuté Impression, soleil levant en un laps de temps très bref, probablement en une seule séance. Le soleil et ses reflets dans les eaux vaporeuses, les bateaux au premier plan, ont été ajoutés au moment où il terminait sa toile. D’après l’analyse topographique, les calculs astronomiques de la position du soleil et les tableaux des marées, les dates les plus vraisemblables pour Impression, soleil levant sont du 21 au 25 janvier 1872 entre 8 heures et 8 h 10 ou du 11 au 15 novembre 1872 entre 7 h 25 et ?.

Le parcours de l’exposition permet d’étudier les paysages peints par Monet et de montrer l’influence de Boudin et de Jonkind. Ce sont eux qui ont initié Monet à la peinture en plein air. Boudin lui a dit : « Étudiez, apprenez à voir et à peindre, faites des paysages » ; Jonking lui montre la voie des effets lumineux… À Londres, Monet découvre Gainsborough et Constable.

Le parcours se poursuit avec la première exposition impressionniste évoquée à travers deux chefs-d’œuvre de Monet présentés aux côtés d’Impression, soleil levant en 1874 : « Le Déjeuner » et « Le Boulevard des Capucines ». Une occasion pour le visiteur de revoir ces magnifiques toiles.

L’exposition se termine sur des toiles de Monet datant des années 1880, où son style annoncé dans Impression s’est complètement épanoui. Une surprise, le visiteur se retrouve face à ce grand Soleil couchant sur la Seine du Petit Palais qui semble faire écho au tableau de 1872.

Dominique Del Boca

« Impression, soleil levant, l’histoire vraie du chef-d’œuvre de Claude Monet », Musée Marmottan Monet, 2, rue Louis-Boilly, 75016 Paris, métro Ranelagh, tous les jours sauf le lundi, le 25 décembre, le 1er janvier et le 1er

Photo : Petit Palais / Roger-Viollet

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