Spiritualité : Route pèlerine pour la paix, premier segment : mont Saint-Michel – Villeurbanne (02)

Camping de la Sélune

Au hasard du chemin, je tombe sur deux robots tondeuses, seuls, en plein travail au bord de la route, sans âme qui vive dans les environs. Vers 18 h 20, en arrivant vers les prés salés, l’itinéraire se complique. Le GPS envoie vers un sentier de plus en plus piétonnier, puis s’arrête, batterie à plat. Il est temps de manger pendant que la batterie externe recharge le téléphone. En arrivant à Pontaubault, il convient de tourner à droite immédiatement après le pont, en suivant l’indication « camping » pour continuer la route cyclable, sinon l’on arrive sur une route à grande circulation. Le camping en question – il est désormais temps de planter la tente – est celui de la Sélune. Il est tenu par un Anglais qui se donne la peine de répondre en français, même lorsqu’on lui parle dans sa langue. Le calme y est parfait, il est économique (dix euros pour y planter la tente), propre et les arbres sont habités par des oiseaux.

Oratoire

21/05/25
Réveil à 6 h 30 par les oiseaux, mais lever à 9 heures. La pluie est annoncée pour 10 heures. Heureusement, la tente est repliée avant. OsmAnd assimile manifestement sentiers piétonniers et pistes cyclables, ce qui me vaut un gadin sur une plaque de vase recouvrant un rocher plat. Un panneau indicateur signale l’existence d’un oratoire à cent mètres du chemin, le détour valait la peine.

Par la suite, suivre le rivage au plus près est tantôt facile tout en offrant un paysage étonnant, tantôt problématique. Au moment où j’hésite entre continuer le chemin qui se poursuit au-delà de rouleaux métalliques remplaçant le tablier d’un pont pour empêcher le passage du bétail ou bifurquer, des locaux m’expliquent que le sentier devient impraticable et qu’il faut prendre la route juste à gauche. La découverte du mont Saint-Michel se fait dans le brouillard et sous la pluie.

Arrivée vers le mont.
Eglise du mont St-Michel

Le passage à l’église paroissiale est impératif puisque c’est le point de départ – mais plus souvent d’arrivée – officiel des pèlerins. Une messe y débute justement, en anglais d’Inde. Le passage s’impose également à la librairie pour y acheter le « livret du melquiot », équivalent de la « credential » des jacquaires. Le snack, dont le patron est par ailleurs sauveteur en mer aux côtés d’un des prêtres desservant l’église, s’appelle « Au pèlerin ». Quand l’accueil de l’église ouvre de nouveau, à 14 h 15, je sollicite la bénédiction du pèlerin et, apprenant que je pars à vélo, le prêtre retrousse sa soutane, embarque son goupillon et asperge en prime mon cheval d’acier qui dégouline déjà de pluie.
Toujours en réglant OsmAnd sur « équilibré », puisque la trace faite à la maison n’apparaît pas – ou si peu ! – à l’écran, je prends la direction de Pontmain. À partir de Saint-James, les côtes sont plus prononcées, mais on a la route pour soi tout seul.

Ferme du caviar

Arrivé exténué et sous un ciel menaçant à Saint-Georges-de-Reintembault, je plante la tente dans la prairie de la ferme expérimentale du Caviar. La nuit est (très) fraîche, au point que j’envisage de changer de sac de couchage. Mais cela va mieux entre 6 h 30 et 10 heures.


Pierre FRANÇOIS