Théâtre : « Un espoir, les trois reflets d’une adoption », de Wendy Beckett à La Scène libre, à Paris.

Trio d’amours orageuses.
« Un espoir, les trois reflets d’une adoption » : ici, le sous-titre est la clef du spectacle, dès la première scène, presque entièrement muette. La mise en scène oscille entre réalisme et onirisme, sans que la frontière soit déterminée, ce qui facilite le passage d’un monde – et d’un type de maternité – à son parallèle.
De la même façon, le jeu entre la mère adoptante et sa fille est très réaliste tandis que celui de la mère abandonnante nous introduit dans son psychisme.
La violence qui s’exprime dans le couple d’adoption mère-fille s’explique facilement : la fille est désormais une jeune adulte en concurrence de féminité avec une mère qui n’accepte pas son vieillissement ; par ailleurs, les deux ont reçu des lettres de la mère biologique. Les relations entre les deux femmes qui vivent ensemble, le mari étant parti, sont donc passionnées, leur affrontement étant entrecoupé de quelques moments de complicité fusionnelle. Cette option permet de dérouler tout le catalogue des émotions pouvant exister entre l’une et l’autre.
Certes, la pièce comporte quelques longueurs, mais elle a le mérite d’éviter toute caricature au sujet du débat de fond. Ainsi la mère cohabitante est-elle loin d’être parfaite même si son amour est indiscutable, la fille se demande-t-elle si elle ne s’est pas trompée de mère à détester et la mère biologique soliloque-t-elle : « Je demande le pardon, si tu peux le trouver en toi ».
On assiste là, dans une mise en scène originale, à un débat éternel et utilement renouvelé.
Pierre FRANÇOIS
« Un espoir, les trois reflets d’une adoption », de Wendy Beckett, mise en scène Diana Iliescu. Avec Christine Gagnepain, Sandrine Seubille, Jenny Trehoux. À La Scène libre, 4, boulevard de Strasbourg, 75010 Paris. Métro Strasbourg St Denis (Lignes 4, 8 et 9), bus Strasbourg St Denis (Lignes 20, 38, 39 et 47). Jusqu’au 27 septembre.