Spiritualité : un « Cahiers Évangile » qu’on lit avec plaisir.

« Cahiers Évangile » est, comme son nom l’indique presque, une revue consacrée à l’étude de l’Écriture. Vénérable : elle a été fondée en 1972. Et sobre : chacun des quatre numéros annuels dépasse rarement les cent pages et n’aborde qu’un seul thème. Contrepartie de cette qualité : il est parfois utile de lire la revue avec une Bible ouverte à côté pour pouvoir se référer aux passages évoqués dans l’article. Et certains numéros sont plus faciles à lire que d’autres. Celui sur « L’approche canonique de l’Écriture » nécessite déjà une bonne base en exégèse pour pouvoir être compris dans tous ses développements. Par contre, le dernier, intitulé « Repères pour une exploration historico-critique du Nouveau Testament » se laisse lire avec un vrai plaisir. Certes, il s’agit d’une méthode d’étude déjà ancienne et donc connue bien au-delà des cercles spécialisés, mais la rédaction même du cahier, qui alterne systématiquement les exposés conceptuels avec des exemples faciles à saisir en fait un véritable outil de vulgarisation réussie. Au passage, on approfondit des passages que l’on croit connaître tant ils sont souvent cités, qu’il s’agisse du discours de Martin Luther King dont on ne retient qu’une phrase – « I have a dream » – ou de citations plus anciennes – « Il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme » (Ga 3, 28) –, voire de textes devenus aussi célèbres que gênant – 1 Co 11, 2-12 : « le chef de tout homme, c’est le Christ ; le chef de la femme, c’est l’homme… » – au point que les annotateurs de la TOB indiquent que « la pensée de Paul est assez obscure, et ses arguments théologiques sont très dépendants des mœurs de son époque ». À chaque fois, l’explication est avancée point par point et claire. On laisse le lecteur découvrir sous un angle enrichissant le kérygme de 1 Co 15, 1-11, les Béatitudes de Mt 5 et tant d’autres passages, l’étude la plus touchante étant sans doute celle qui met en évidence le fait que 2 Tm 1, 1-2, 13 peut être réuni directement à 4, 6-22 pour former la dernière lettre de Paul avant sa mort à un de ses intimes, la partie centrale semblant avoir été rajoutée postérieurement.

Dernier point, mais non sans importance : un encadré signale, pour ceux qui s’intéressent à l’étude de la Bible, les concordances les plus pertinentes à avoir. Bref, il s’agit là d’un numéro très réussi.

Pierre FRANÇOIS

« Repères pour une exploration historico-critique du Nouveau Testament », Cahier Évangile numéro 192, juin 2020, éditions du Cerf, 10 €. Par correspondance : sbev.paris@wanadoo.fr, tél. 01 42 22 03 89. Abonnement : Cahiers Évangile, 14, rue d’Assas, 75006 Paris, tél. 01 44 39 48 04, courriel : abonnements.cahiersevangile@ser-sa.com

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