Socio politique : Covid et collection.

C’est une histoire toute simple qu’a raconté le correspondant de l’agence Reuters le 7 octobre dernier.

Gino Verani, un homme habitant San Fiorano, qui s’est trouvé à l’épicentre de l’épidémie de coronavirus en Italie du nord, avait l’habitude de collectionner les images pieuses données à l’occasion de l’enterrement d’une personne. Là-bas, on les appelle des « santini », du fait de leur ressemblance avec des cartes représentant des saints. À 88 ans, il en avait environ 150, et certaines concernaient plusieurs générations de la même famille d’amis.

Pendant le confinement, de mars à mai et alors qu’il y avait quatre générations sous le même toit, son petit-fils de 35 ans les utilisait pour aider son grand-père à exercer sa mémoire en reconnaissant les personnes. Il avait même remarqué qu’après « la levée de toutes les restrictions (le 3 juin), il s’est senti totalement libéré. Son humeur s’est améliorée et son corps l’a montré pendant un certain temps aussi ». Mais pendant l’été, le vieillard est tombé deux fois. Sa famille a pu lui aménager un petit lit au rez-de-chaussée, alors qu’il y avait 63 ans qu’il était habitué à dormir à côté de sa femme. Son sommeil était agité et il se plaignait de douleurs quand on lui faisait la toilette. À contrecœur, son épouse Inès a accepté le transfert dans une maison où il serait soigné par des professionnels. Elle craignait qu’en raison de la quarantaine de deux semaines qui leur était imposée avant de pouvoir le voir, il ne meure dans l’intervalle. Crainte prémonitoire puisqu’il est mort une semaine plus tard. Presque toute la ville est venue à la veillée funèbre et un « santino » du mort a été distribué à chacun, plus un dernier pour la collection.

Pierre FRANÇOIS

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