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Musique : Soldat Louis à l’Olympia

mardi 24 avril 2012, par Pierre François


« Soldat Louis » est un groupe de rock breton qui, après vingt trois ans de carrière et mille concerts de par le monde, s’offre l’Olympia pour deux soirs en mai.

Mais un tel groupe est-il plus apparenté au folklore, à la musique traditionnelle ou au rock ? Sûrement pas au folklore : il ne s’agit pas pour eux de répéter une forme figée pour l’éternité, comme le font certains bagad [1]. Quant à trancher entre une musique traditionnelle vivante et le rock, bien malin celui qui y parviendra : si la chanson « Fils de Lorient » - qui fait partie des nouveautés qui seront offertes à l’Olympia et durant la tournée qui va suivre – subit des influences plutôt traditionnelles, c’est l’inverse pour d’autres.

L’explication est simple : Renaud Destressan (alias Gary Wicknam, guitare et choeurs) et Serge Danet (alias Soldat Louis, guitare et chant) sont d’abord des enfants du rock, comme en témoigne leur instrument premier : la guitare électrique. C’est lors du festival interceltique que, déjà adolescents, ils entendent pour la première fois des cornemuses. Pour eux qui croyaient que rien ne pouvait être plus puissant que Jimmy Hendrix, le choc est rude !

Ils se mettent en tête de jouer des thèmes mélodique de guitare à la cornemuse, en duo. Mais ils se heurtent alors à un problème technique : la cornemuse ne joue que sur un seul ton et si le la de la guitare est bien à 440 hz, celui de la cornemuse est à 448, d’où une impression de fausse note si on les joue ensemble. Il a donc fallu trafiquer la cornemuse en lui perçant des trous supplémentaires pour lui permettre de dialoguer correctement avec une guitare. S’y est ajouté une autre difficulté : avec le temps la tonalité de la cornemuse était passée du la au si bémol, les Écossais trouvant que plus on joue haut plus les harmoniques sont riches (et plus ce qui est au départ un instrument de guerre s’entend de loin...). Les nouveaux trous leur ont permis d’arriver au la bécar et l’adjonction de quelques clés a fait le reste, au dam des puristes... Quant à la guitare, ils l’ont monté d’un demi-ton, et le tour est joué : enfin ces deux instruments peuvent se valoriser réciproquement !

Du côté des textes, nos complices considèrent comme une chance d’être non seulement en Bretagne, mais aussi dans un port et avec de nombreux amis marins qui leur racontent leurs aventures de mer. C’est de ces récits et de cette atmosphère – dans laquelle la ruguosité et le silence tiennent lieu de pudeur – qu’ils s’inspirent. De ce point de vue, ils sont dans la droite ligne d’une tradition multiséculaire, même si les mots d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier. Et il faut croire qu’il y a là une universalité des sentiments, car sinon comment expliquer le succès régulier de leurs tournées à l’étranger, leur double album d’or en France, de platine au Québec et le prix de la Sacem Vincent Scotto ? Le son, le côté celtique et le fait de se donner à fond quand ils sont sur scène peuvent expliquer le fait, mais en partie seulement. Ils nous rejoignent tout simplement au plus intime de nous mêmes, ils savent entrer en communion avec notre zone la plus secrète, là où – pour nous – prononcer le moindre mot deviendrait indécent.

UNE TOURNEE ET UN ALBUM

Si « Soldat Louis » obtiendra la consécration de l’Olympia les 17 et 18 mai prochain, il n’oubliera pas pour autant ses autres publics et sera le 19 mai à Strasbourg (avec Dan Ar Braz, Carlos Nunes, Nolwenn Leroy), le 15 juin à La Sagne (Suisse), le 22 à Sorigny (37), le 24 au Touquet (62), le 30 à Plumeliau (56), le 6 juillet à Saint-Colomb (25), le 7 à Plouvenez (29), le 14 à Getigne (44), le 21 à Sarzeau (56), le 28 à Plouguerneau (29), le 4 août à Noirmoutier (85), le 10 à Bugueles (22), le 12 à Guingamp (22), le 14 à Dax (40), le 17 à Plozevet (29), le 18 à Saint-Syphorien (71), le 19 à Mauriac (15), le 7 septembre à Bellaing (59), le 21 à Argenteuil (95) et le 28 au Pouliguen (44). En attendant de nouvelles dates. Par ailleurs, un nouvel album est prévu pour la fin de 2012.

Pierre FRANCOIS

Notes

[1] abréviation bretonne de bagad ar sonerion, littéralement « groupe de sonneurs ». Un tel groupe est constitué de trois pupitres : biniou bras (cornemuse écossaise), bombarde et percussion. Selon l’option du groupe, les pupitres – notamment celui des percussions – peuvent faire appel à des instruments traditionnels ou plus actuels.


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