22/05/25
Après la fraîcheur de la nuit vient le moment de tester la douche solaire, installée au milieu du champ voisin. Heureusement, la paysanne me prévient de la nécessité de régler finement la température. De fait, l’eau est étonnamment chaude. Elle est aussi particulièrement pure : on peut se mirer – sous un angle parfaitement inhabituel ! – dans la bonde de la vidange. Dans la grange attenante à la ferme, un solide (deux œufs mollets, quatre tartines de pain perdu, une portion de beurre salé, trois figues confites, un litre de jus de pomme) et très bio petit déjeuner est servi pendant que le téléphone se recharge. Coût total de l’opération : vingt euros, place de camping comprise.
Cette paysanne, qui ne revendique aucun diplôme agricole, a acheté la ferme il y a sept ans, pour se rapprocher de la nature. Elle s’y nourrit de son potager. Avant le confinement, elle accueillait des « boofers » (jeunes échangeant un séjour contre du travail sur place). Depuis, ce sont plutôt des trentenaires candidats à la néo-ruralité qui viennent faire un essai de vie. Elle organise aussi sur place des guinguettes. Du point de vue de son insertion et de la sécurité sociale, elle cumule quelques travaux alimentaires, même si le but ultime est de développer l’accueil. Le prochain projet consiste à créer des chambres d’hôtes.
Départ à 13 h 40 en direction de Mellé. Une pancarte indique, à l’entrée de l’église Saint-Martin, qu’il faut en demander les clefs au bar d’en face, le « Mellomen ». Les tenanciers sont tellement gentils qu’outre le prêt des clefs, ils indiquent où trouver des boîtes de conserve (à Louvigné-du-Désert, en face de l’église) alors qu’ils vendent eux-mêmes des conserves, mais artisanales, donc hors de mon budget. Dans l’église, un vitrail représente le saint qui donne la moitié de sa tunique (selon la loi de l’époque, il n’était propriétaire que de la moitié de son équipement) de façon aussi classique que naïve. Mais un détail attire l’attention : la mention des donateurs, tout en bas. Elle se résume en une phrase simple : « Ô saint Martin, ramenez nos captifs 1942 – 1943 ».
Un peu plus loin, en traversant Louvigné-du-désert, deux prêtres sortent de l’église en parlant boutique, ce qui est banal. Mais, juste en face du porche d’entrée se trouve un magasin de « Vêtements, lingerie ». Inspection de la vitrine faite, pas affolante…
Arrivé à Pontmain, je me présente immédiatement à l’accueil du pèlerin pour dormir dans du dur pendant que toutes les batteries se rechargent. Ensuite, passage à la basilique et lecture de la documentation au sujet des apparitions.
Pierre FRANÇOIS




